La santé mentale est mise à bien rude épreuve ces derniers mois ! La ville de Bron pourrait contribuer à l’améliorer, nous avons proposé des pistes en CM… en vain
Partager

Conseil municipal de Bron du 28 janvier 2020

L’intervention de Filipe Galvao…En bref

Les CLSM sont des espaces de coordination entre soignants et usagers du secteur sanitaire de psychiatrie et élus. Ils ont pour objectifs de promouvoir et déstigmatiser la santé mentale, et d’insérer les usagers dans la cité. A Bron, le CLSM est récent (2019). L’objet de cette délibération était la création d’un poste de coordonnateur, avec 30 % de son temps pour Bron… Bien peu, et sans objectif clair, pour une ville de 40000 habitants, accueillant l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques de France.

Intervention complète de Filipe Galvao lu par Rémi Court

M. Le maire, chers collègues,

Filipe Galvao n’ayant pu se libérer suite au changement horaire du Conseil municipal, je vous lis ici la réaction qu’il souhaitait partager avec vous.

Le CLSM est récent à Bron, et pour l’instant peu fonctionnel. Pourtant, cet outil de concertation entre la psychiatrie, les usagers et leurs aidants, et la ville devient, dans le contexte actuel, absolument indispensable.
La Ville de Bron accueille l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques de France, il serait normal qu’elle soit porteuse de projets novateurs pour le lien entre la ville et l’hôpital, et dans l’aide aux outils de réhabilitation psycho sociale, dont la psychiatrie peut porter le volet sanitaire, mais dont la ville doit pouvoir porter le volet social.

Nous sommes particulièrement attachés à la nécessité de contribuer, non seulement à la promotion et à la déstigmatisation de la santé mentale, mais surtout à l’insertion et l’autonomie des usagers.L’absence de réponse concrète en commission sur les axes de travail envisagés dans le CLSM nous inquiète. Mme El Guizany, Déléguée à la Santé publique et à la Prévention, nous a ainsi évoqué les thèmes – bien vagues – des « jeunes », ou de « l’hygiène de vie ».
Aussi pour éviter de perdre un temps précieux et dont nous ne disposons pas, nous aimerions parler des actions concrètes qui devraient être mises en œuvre :

  • L’emploi : Le taux d’emploi chez les personnes ayant une schizophrénie est en France autour de 10 à 15%. Or les études scientifiques montrent qu’avec des programmes adaptés soutenus par les politiques locales, ce taux peut monter à plus de 50%.
  • Le logement : de nombreux usagers restent actuellement hospitalisés des mois, voire des années à l’hôpital psychiatrique, parce qu’ils n’ont pas de solution de logement. Habiter à l’hôpital est évidemment délétère pour l’autonomie, l’insertion sociale et professionnelle. Lors du débat au dernier CM sur le foyer d’accueil pour les femmes victimes de violence, vous nous aviez expliqué avoir proposé à la métropole des solutions de logement alternatives à Bron, qui auraient permis d’accueillir davantage de femmes. La métropole ne s’en est pas saisie, de faites en bénéficier ces personnes. Nous serons curieux d’écouter vos propositions.
  • La question des consommations de substances : là encore le thème vous est cher, puisque la lutte contre le narcotrafic dans certains quartiers brondillants est une de vos priorités. L’augmentation massive des effectifs de police municipale n’est qu’un levier. Addictions (notamment au cannabis) et maladies psychiatriques (notamment schizophrénie) sont intimement liées. Là encore, proposer un partenariat pour que cette police municipale renforcée intervienne dans l’hôpital du Vinatier (vaste plaque tournante du trafic de cannabis dans la ville) aiderait grandement le secteur sanitaire. Par ailleurs, vous le savez, s’attaquer au problème du trafic uniquement en faisant de la répression est voué à l’échec. La partie de prévention des conduites addictives pourrait là encore être portée par la ville, en menant des actions de prévention ciblées sur les adolescents (puisqu’ils sont les plus vulnérables aux addictions et aux risques consécutifs de décompensations psychiatriques), dans les centres sociaux, à la MJC, ou via le tissu associatif de la ville.

D’autres champs d’action encore pourraient être évoqués. Le CLSM est en tout cas outil dont il est urgent de se saisir et qu’il faut faire vivre, car Bron peut et doit être une ville exemplaire sur ces questions.