Pollution atmosphérique : le mauvais feuilleton de l’hiver – Bron Magazine – Mars 2017
Partager

TRIBUNE DES ÉLU.E.S EÉLV – MAJORITÉ MUNICIPALE

Pollution atmosphérique : le mauvais feuilleton de l’hiver

20 jours de pollution aux particules fines en décembre à Lyon, un nouvel épisode d’une bonne semaine en janvier, la pollution atmosphérique a été la grande caractéristique de cet hiver. Clouées au sol par une météo combinant anticyclone et absence de vent, les particules ont stagné pendant des semaines sur notre pays.

La pollution atmosphérique, troisième cause de mortalité évitable, génère aujourd’hui 48 000 décès prématurés par an en France. Ses dégâts sont évalués à 1 000 euros par habitant et par an, d’après le rapport de la commission d’enquête sénatoriale en 2015. Historiquement la réglementation a permis de faire régresser la pollution d’origine industrielle. Mais depuis les années 1970, la pollution diffuse, liée notamment au transport routier reste préoccupante, et la France ne réussit pas à respecter les directives européennes.

Aujourd’hui parmi les multiples composants de la pollution atmosphérique, les particules fines sont considérées comme le facteur de risque principal. Elles pénètrent en profondeur dans nos poumons. Une étude européenne a montré que le fait que 50 % de la population vive à proximité d’un axe routier fréquenté (plus de 10 000 véhicules/jour) serait responsable de 23 % des bronchites chroniques et 25 % des maladies cardio-vasculaires des plus de 65 ans. En conséquence, comme souligné dans les conclusions de cette étude, une réglementation efficace dans le domaine de la pollution atmosphérique pourrait se traduire par des bénéfices sanitaires et monétaires importants. Une régulation des niveaux de pollution atmosphérique à proximité du trafic routier entraînerait, entre autres, une augmentation de l’espérance de vie.

À Bron, l’autoroute et le périphérique voient passer de l’ordre de 150 000 véhicules par jour. C’est dire si cette question est bien un enjeu majeur de santé publique pour notre ville. Le quartier de Parilly (6 000 habitants) est particulièrement touché et nous ne pouvons que déplorer que la pollution touche directement des habitants parmi les plus défavorisés socialement et économiquement.

Alors que dire des mesures prises ? Quelques unes ont été mises en œuvre, avec du retard, et différemment suivant les villes : les restrictions de circulation, la vignette Crit ‘Air, la gratuité des transports collectifs ou du stationnement résidentiel…mais tout cela est resté bien partiel.

À travers la gestion de ces épisodes de pollution, c’est toute la politique de déplacements dans notre agglomération qui est interrogée : quelle place donner aux transports collectifs, au covoiturage, aux modes actifs (marche et vélo) ? La Métropole a adopté l’année dernière son « Plan Oxygène » qui en définit les grandes lignes. La prochaine étape sera le Plan de Déplacements Urbains, qui sera soumis à enquête publique ce printemps. Ce sera l’occasion pour les citoyens de faire entendre leur voix sur ce sujet, vital pour leur environnement et leur santé. Mais c’est aussi à chacun de prendre conscience de son propre impact sur la qualité de l’air, et en citoyen responsable, de modifier ses comportements en conséquence.

Concernant notre commune, on pourrait déjà baisser la vitesse à 70 km/h sur le périphérique (comme le Préfet l’a décidé pour l’autoroute A43 à Parilly), ce qui réduirait d’autant les émissions de particules. Le maire a saisi il y a plusieurs mois le Président de la Métropole sur ce sujet, on attend sa réponse…

Enfin, il faudra s’attaquer au diesel, principal émetteur de particules : près de 90 % des particules PM10 (un type de particules fines) sont dues aux rejets de gaz issus de moteurs diesel, contre seulement 12 % pour les moteurs à essence non catalysés. Depuis 2012, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le diesel comme un «cancérogène certain ». Il est aujourd’hui largement majoritaire dans les transports en France : 68 % du parc automobile national et 95 % des véhicules utilitaires roulent au diesel. Et un quart seulement des véhicules diesel sont équipés en filtres à particules, encore moins chez les poids lourds, dont la durée de vie est plus longue

On sait que les changements seront longs, mais une prise de conscience semble s’opérer, puisque les ventes de voitures essence dominent depuis quelques mois les ventes de diesel. Par contre, même avec le scandale du Dieselgate l’année dernière, les décisions politiques en la matière ne progressent guère. Sauf si les candidats aux élections présidentielle et législatives font de cet enjeu de santé publique, primordial pour nos concitoyens, un enjeu pour les prochaines échéances électorales…


Et si vous deveniez producteur d’électricité solaire ?

C’était le sujet de la réunion publique organisée le 26 janvier dernier à Bron, à l’initiative de l’Association lyonnaise « Toits en Transition » et de l’Agence Locale de l’Énergie, avec le soutien de la ville.

Les brondillants n’ont pas attendu l’action municipale pour s’intéresser à l’énergie solaire, à titre individuel : on compte aujourd’hui une centaine d’installations solaires sur les toits de Bron (dont 4 bâtiments municipaux). Mais le but de la soirée était de présenter un projet plus ambitieux de « centrale solaire citoyenne », à l’image de ce qui existe depuis plusieurs années en Allemagne. En 2015, les énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolien…) ont couvert en effet plus d’un tiers de la consommation d’électricité outre-Rhin. Et la moitié de ces installations est entre les mains des citoyens.